Le Congo a besoin d’investir dans le domaine de la technologie pour résoudre certains problèmes liés au réchauffement climatique. Et c’est cet objectif qui a réuni des experts et des entrepreneurs en ce deuxième jour du Forum International Green Business (FIGB) qui se tient depuis mardi à Pointe Noire.

Photo Yohan Freddy

Kheireddine HASSEN-KODJA (à doite ) et Pierre-Louis Amancic ( centre) ©Yohan Freddy

Parmi les participants, un homme prend la parole. «Il y a quelques années, j’ai déposé ma demande de financement pourun projet dans une banque locale. Mais à ma grande surprise, cette demande a été rejetée», confie-t-il au panel de la table ronde composé d’un représentant de la Société Générale Congo et un autre de la Banque Commerciale Internationale. Le théme abordé: “les types d’investissements pour des projets innovants et technologiques”. Un sujet polémique en ce 18 mai, puisque les banques congolaises ont la réputation de ne pas être flexibles en terme de financements. Kheireddine HASSEN-KODJA, représentant de la Société Générale Congo, indique à l’assemblée que “ dans ce cas de figure, il se pourrait que la demande ait été mal présentée”. Pour éviter que cette situation ne se reproduise, le représentant prodigue quelques conseils aux participants. “A l’avenir, songez à bien ficeler votre projet et vous mettre en synergie. Il est très important de mettre des chiffres concrets pour mettre toutes les chances de votre côté afin d’être retenu” . Bien que les institutions financières on durant leur présentation démontré leur intérêt pour le aider au financement de projets innovants, la question de l’économie vert à également été un grand débat durant cette deuxième journée du Forum.

L’économie verte et les atouts du Congo

L’économie verte est un ensemble d’actions qui doivent contribuer à protéger le climat et à améliorer les conditions de vie de la population rurale. Cependant, le Congo est un pays riche en ressources qui pourraient être exploitéescomme le développement des centrales hydrauliques qui produirait de l’énergie à partir des cours d’eau, la réutilisation des déchets pour les recycler en électricité sans oublier la centrale sucrière.

Kheireddine HASSEN-KODJA©Yohan Freddy

Kheireddine HASSEN-KODJA. ©Yohan Freddy

Kheireddine HASSEN-KODJA

Par ailleurs, le Congo, comparé aux autres pays d’Afrique, notamment les pays du nord, est moins avancé dans ce domaine. Il y a moins de projets existants. Pierre Louis Amancic d’Havila Partners pense qu’il s’agit là d’une question de volonté. «Au Congo, explique-t-il, il tout est là pour mener à bien des nombreux projets. Il faut juste un accord de réalité politique. Il ne s’agit pas de révolutionner les choses », a-t-il fait constater. «L’évolution ne se fera pas du jour au lendemain. Mais on peut essayer de répondre aux besoins des populations en énergie. Il faut que la volonté politique soit là. Cela sous-entend qu’il faudra définir les cadres prioritaires en terme de supports, en attendant l’arrivée des bailleurs de fonds», souligne ce dernier.

Les projets d’investissement

Une vraie conscience politique, mais en attendant, les banques souhaiteraient investir dans des projets émergeants. «Nous sommes très intéressés par des projets de développement des capacités énergétiques, c’est-à-dire, des projets liés à l’énergie renouvelable», confie Kheireddine Hassan Khodjareprésentant de la société Générale du Congo.

Tout pays a besoin d’énergie pour se développer. C’est pourquoi, M.Khodja encourage vivement les entrepreneurs qui sont dans l’autonomie énergétique à présenter leurs dossiers.

«Nous avons juste besoin que ces entrepreneurs nous fournissent, l’historique, le bilan, l’organisation, et pourquoi pas leur stratégie», ajoute-t-il. Par la suite, nous étudierons leur dossier. Comprenez que nous ne pouvons pas donner satisfaction à une installation qui n’est pas encore fonctionnelle», poursuit le représentant de la Société Générale.

Aujourd’hui, l’économie verte ne concerne pas seulement les investisseurs. Une initiative personnelle et une prise de conscience seraient un atout important pour l’environnement. Tout projet quelle que soit sa nature ne peut que contribuer au développement de l’emploi.

Eloh Cossi Calixte, créateur du foyer. ©Yohan Freddy

Eloh Cossi Calixte, créateur du foyer Atigan. ©Yohan Freddy

Eloh Cossi Calixte, est un jeune entrepreneur béninois qui se démarque. Il est autodidacte. Prendre part à ce forum, c’est pour lui à la fois un moyen de sensibiliser les jeunes entrepreneurs congolais et aussi, un moyen d’inciter le Gouvernement congolais à signer un partenariat qui pourrait créer plus de 500 emplois.

«Nous avons avec mon équipe inventé ce que nous appelons, «le foyer Atingan». La particularité de ce foyer est d’utiliser les coques de noix de palme comme

Le foyer avec les coques de noix de palmes comme combustible.©Yohan Freddy

Le foyer avec les coques de noix de palmes comme combustible.©Yohan Freddy

combustible. Il est aussi alimenté par l’énergie solaire. En utilisant le foyer Atingan, vous gagnez sur plusieurs points. Il réduit aussi les dépenses. Aujourd’hui, nous avons plus de 1000 foyers qui sont déjà utilisés au Bénin. Nous sollicitons donc de la part du Gouvernement congolais un partenariat afin de de transmettre notre savoir-faire à nos confrères».

Le FIGB, cette année représente un nid d’innovation. Les différents projets proposé par de jeunes startupeurs, ou encore les sujets débattus durant les trois journées prouvent l’intérêt grandissant du Congo et du reste du continent de poursuivre le chemin de l’innovation en terme d’énergie verte; reste maintenant un point important à mettre sur la table; la formation des jeunes entrepreneurs pour assurer la pérennité de tous les projets de demain.